Une carte de la Belgique chez TF1

Comment cela a t-il pu se produire ?

Elément de réponse avec Jean Claude Mercy et son stagiaire , chez Tf1

 
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14h40 – C’est la grippe du cochon !

Le cochon, qui est rappelons le le seul animal au monde à pouvoir profiter d’un orgasme de 30 minutes, semble atteint d’une vilaine grippe.

après la vache folle, la grippe du poulet, voici donc la grippe porcine.

Les chevaux, les moutons et les poissons commencent à faire dans leur froc… et nous, on n’a plus qu’à se tourner vers le brocoli. Certes, ca fait péter, mais c’est pas demain la veille qu’on verra un brocoli éternuer !

Mangez 5 fruits et légumes par jour qu’ils disaient…

Ravier de 4 grosses tomates : 3,80 € 
1 concombre : 1,05 €
6 pommes reinettes : 2,95 €
6 poires conférence : 2,60
1 pamplemousse : 0,52 €

( prix constatés ce jour dans la grande surface d’une enseigne très connue )

Total du coût pour 30 jours si l’on devait consommer un exemplaire de chaque fruit ou légume chaque jour du mois, comme nous y encouragent les pubs à la télé,  et pour une seule personne : 103,35

Donc, par famille de deux enfants : 413,40 € par mois.

alors question : vous pouvez, vous ? Parceque ils sont bien gentils, avec leur pub, mais …

Et maintenant, comment qu’on s’en sort ?

- « Papa, explique moi la crise » !

- Ok .

Monsieur Durant veut acheter une nouvelle maison.
Monsieur Durant trouve une maison dans les p’tites zannonces.
Monsieur Durant s’attend à voir le prix de l’immobilier baisser, puisque c’est la crise.
Monsieur Durant demande conseil à sa banque et envisage un prêt immobilier.
La banque est au bord de la faillite, elle ne peut plus emprunter de sous aux grandes banques américaines pour prêter de l’argent à Monsieur Durant, puisque les grandes banques américaines elles en ont plus non plus, des sous.
D’un autre côté, le vendeur de la maison, eh ben il veut plus vendre finalement, parceque il attend la fin de la crise pour que l’immobilier augmente.
Monsieur Durant, lui, il voudra plus acheter après la crise parceque il attend plutot que ca baisse.
Monsieur Durant va donc chez l’épicier acheter un oeuf, pour se le faire cuire.
La Banque sollicite, par l’intermédiaire de l’état sauveur, Monsieur Durant pour renflouer ses caisses.
Monsieur Durant il laisse bien gentiment sa petite épargne dans la banque, parceque Nicolas lui a bien dit que l’état garantirait son épargne en injectant des sous, pour pas que Monsieur Durant il panique.
Parceque si Nicolas disait à Monsieur Durant que c’est grave, Monsieur Durant il paniquerait sûrement et il retirerait tous ses sous!
Finalement, c’est pas grave, parceque tous les Nicolas du monde, ils ont décidé de s’associer pour que chaque Nicolas soutienne les banques de son pays en injectant des sous pour éviter que les monsieur Durant retirent tout leur argent des banques.

La crise c’est donc : les banques ne donnent plus de sous mais sollicitent les Nicolas pour que les Monsieur Durant ils laissent leur sous dans les banques, des sous que les Nicolas conseillent aux messieurs Durant de surtout pas dépenser pour que les banques elles puissent à nouveau emprunter des sous aux américains pour pouvoir mieux accorder le prêt que Monsieur Durant ne demandera de toute façon plus après la crise puisque le vendeur il aura trop augmenté le prix de la maison que Monsieur Durant pourra de toute façon plus acheter parceque c’est trop cher ( panpan cucul ) .

tu veux une aspirine, ma chérie ? Va jouer, maintenant.

Mais laissez moi dormir bon sang !

La nuit blanche, c’est génial… quand on doit pas se lever a 4h du matin !

Aaah bravo les voisins qui font une teuf d’enfer pendant que vous essayez de trouver le sommeil en regardant Julie Taton sur France 2.

Je sens que demain matin, « Gudrut » va devoir m’installer du café en perfusion pour tenir le coup devant le crachoir, ca va pas être simple de réveiller tout le monde en étant endormi moi même.

La nuit blanche c’est super chouette… sauf quand on peut pas la faire, évidemment.

Alors j’en profite, je réouvre le blog, sans vraiment savoir ce que je vais bien pouvoir y écrire d’autre que mes humeurs. C’est peut être de savoir que je ne pourrai plus lire les « humoeurs » de Marc Moulin qui m’incite à vouloir remettre le couvert, qui sait…

A ce sujet, et à l’image du respect énorme que j’éprouve pour l’homme qui a toujours été discret, je précise que je n’étais pas ami avec lui et qu’on ne se connaissait pas plus que cela. Je l’ai juste croisé à quelques reprises, dont l’une où il m’avait dit de sa formidable voix « j’aime beaucoup ce que vous faites » au détour d’un couloir. Je n’avais su répondre que « moi aussi, j’aime beaucoup ce que je fais« , voulant faire un trait d’humour au moment précis où il aurait fallu lui exprimer toute mon admiration, celle qu’on a pour les pionniers.

C’est ainsi : on a parfois plus d’émotions en 5 secondes qu’en toute une vie. Parceque venant de cette homme là, ca valait tous les compliments du monde. Si j’avais su que je n’aurai plus jamais l’occasion de lui exprimer tout le respect que j’ai pour lui, je n’aurais sans doute pas cherché à le faire rire ce jour là. J’aurais pu moi aussi lui offrir une petite émotion de 5 secondes.

Etre sincère au moment immédiat ( finalement, le seul moment qui compte ) , on n’y pense jamais. On se dit qu’on aura le temps, qu’on profitera d’une autre occasion, qu’on pourra le faire plus tard. C’est ainsi qu’on se construit sans le savoir pour plus tard des regrets, et des remords.

Et merde… La seule chose que je trouve à faire lors de la nuit blanche c’est de penser à Marc Moulin! Finalement, ce sont les voisins qui ont raison : fêtez, fêtez, tant que vous le pouvez: vous au moins, vous vivez le moment présent!

La Belgique vue par Libération

Beaucoup d’amis français me demandent souvent « Mais que se passe t-il donc en Belgique? Pourquoi y’a t-il une telle haine entre les Flamands et les Wallons ? On ne comprend pas ce qui se passe vu d’ici. »

C’est compréhensible. Libération sortait il y a quelques jours un article très intéressant sur le sujet. Je le recopie ci dessous, car s’il n’est certainement pas totalement faux de penser qu’il y a dedans un fond de vrai ( admirez la prudence… je sais, ca n’est pas très courageux. )

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Sarko en vacances donne du boulot aux « journalistes »

sarkovacances.jpgSarko et Cecilia sont sur un bateau. Un photographe tombe à l’eau. Qui c’est qui l’a poussé ?

Heureusement, on n’en est pas venu à de telles extrémités, mais tout de même, cela ne doit pas être très facile de prendre des vacances lorsqu’on est élu, fraîchement qui plus est, président de la République.

Tout de même, s’imaginer qu’avec un tel poste on peut, sans sourciller, se baigner dans les eaux chaudes du lac Winnipesaukee sans qu’une meute de journalistes paparazzi ne viennent vous chatouiller avec leur gros objectif, c’est comme croire qu’on peut jouer au football pieds nus avec un oursin en guise de ballon…

Ahh c’est que l’épine dans le pied il croyait se l’être retirée définitivement, Nicolas, en « convoquant » dimanche matin les journalistes qui souhaitaient s’entretenir avec lui sur des sujets commeses vacances offertes ou la Lybie, bien plus chauds encore que la température ambiante. C’était sans compter sur ces photographes malotrus qui ont osé ce lundi prendre quelques clichés de l’homme le plus célèbre de France, alors qu’il pataugeait dans la mare aux canards avec le sourire en coin ( coin ).

Et ca, Nico, il a pas aimé. Il l’avait pourtant dit la veille :  » je dirai tout mais après ça partez faire votre boulot et laissez-moi avec mes proches ». C’était si gentiment demandé, comme la convocation l’invitation d’ailleurs, que certains journalistes n’ont pas hésité à lui dire oui, sauf quelques photographes. Alors Nico, il l’a dit un peu plus fermement à ceux qui ont osé troubler sa tranquillité aujourd’hui ( le communiqué précise qu’il a vociféré en français, on imagine le président de la république faire « sploutch sploutch » avec ses p’tits bras en criant des « nom de dieu, fais chier, foutez moi la paix » inhabituels dans les discours présidentiels ) , il a même failli casser un appareil photo qu’il a finalement gentiment reposé.

Je me pose tout de même une question : qu’est ce que les photographes présents aujourd’hui sur son lieu de vacances s’attendaient-ils à immortaliser d’exceptionnel? Je ne sais pas, moi, que peut il bien se passer dans la vie d’un homme en vacances, même si c’est le président de la république Française, qui justifie qu’on l’épie à la recherche de la moindre petite faute ?

A part se faire piquer par une méduse ou se faire surprendre en compagnie d’un petit crabe, que risque t-il ? Est ce que les paparazzi indélicats s’attendaient à voir Rachida Dati en bikini sur le ponton, admirative d’un Nico lui montrant pour la centième fois le plus beau plongeon de sa vie? S’attendaient ils à surprendre Cecilia en compagnie du premier Morse venu? Espéraient-ils que Sarko perdrait son maillot?

Mais, qu’est ce qu’ils foutaient là, les « journalistes » ?

Et moi, qu’est ce que je fous là ? J’suis pas en vacances, moi ?

Scandale en France : Sarkozy se trompe d’hymne national !

fiction.jpgLa presse française se faisait l’écho ce lundi matin de la « bourde » de Nicolas Sarkozy, le président de la république ayant confondu son hymne national avec « la brabançonne », l’hymne national belge.

Interrogé samedi par la chaîne de télévision publique de langue française FRANCE2 sur ce que commémorait la fête nationale française célébrée le 14 juillet, M. Sarkozy a répondu : « l’exécution de Louis XVI« .

La bonne réponse aurait dû être la prise de la Bastille et le début de la révolution le 14 juillet 1789. Mais 80% des Français, et beaucoup d’hommes politiques, ne le savent pas non plus, selon un sondage.

L’affaire s’est corsée cependant lorsque le journaliste lui a ensuite demandé d’entonner l’hymne français, et que M. Sarkozy, a commencé avec  » Ô belgique Ô Mère chérie« , l’air de l’hymne Belge.

Le reporter de France2 lui demandant s’il en était sûr, le président Français a répondu: « Oh, je ne sais pas« .

Interrogé le lendemain au journal de TF1 dont il était l’invité, le Président s’est justifié en affirmant  « Je connais les paroles de la Marseillaise en hongrois mais comme on m’a demandé de la chanter en français, les circonstances ont fait que je me suis trompetté« .

Les conséquences furent immédiates : l’opposition demanda immédiatement la démission du chef de l’état et du chef du gouvernement, le Premier Ministre étant quant à lui très embarassé au conseil des ministres dont certains lui ont demandé quelle était la marche à suivre. François Fyon devait décider en fin de matinée s’il allait ou non remettre la démission de son gouvernement, « au nom de l’image et du sérieux de la république« .

Dans un sondage, 57% des Français estiment qu’il s’agit d’une « faute grave » du Président de la République, contre 24% qui estiment qu’il s’agit là d’une « maladresse », le reste ne se prononçant pas.

Etc … Etc … il vaut mieux en rire !

 PS ( et non pas Parti Socialiste ) : Pour encore plus de réalisme sur l’effet de bombe qu’aurait eu une bourde pareille en France, remplaçez l’hymne national en question par l’hymne national Allemand et situez la même scène avec Sarkozy en Alsace … ouille !

Les critiques, c’est pas drole.

En regardant ce soir l’émission de Ruquier sur France2, je me pose bien des questions sur les métiers de l’audiovisuel.

Pour resituer, Mathilda May venue présenter son premier roman s’est vue « critiquée » par Eric Naulleau et Eric Zemmour davantage sur la forme que sur le fond de son roman. Une critique que je n’ai pas trouvée particulièrement ascerbe, tout juste un peu présomptueuse peut-être dans la mesure où Naulleau semblait vouloir apprendre à Mathilda May à écrire avec un style plus académique que celui qu’elle présente  dans « personne ne le saura ». Zemmour quant à lui argumentait sur le fait qu’aujourd’hui n’importe qui veut se prévaloir de pouvoir écrire un livre, sans formation préalable et parfois sans talent.

A l’entendre, chacun doit se conformer au contenu de l’étiquette que l’on a dans le dos. Dieu sait si la France est un pays d’étiquettes et que dès lors qu’une personalité sort de son rôle habituel on l’affuble de bien des défauts.

L’attitude des deux critiques a fortement irrité Michael Youn , également invité de l’émission, qui a une fois de plus perdu son sens de l’humour légendaire…

C’est que Michael, les critiques, il n’aime pas ça. Ok pour venir sur un plateau de télévision pour faire la promotion d’un DVD ou d’un film, il faut bien vendre pour manger hein madame, mais qu’un « gratte papier » ose venir dire du mal de son oeuvre et le sourire s’efface irrémédiablement de son visage pour laisser place à un faciès beaucoup plus triste et sujet à moins de pignolade.

Il faut pour s’en convaincre relire la majestueuse lettre ouverte à tous les critiques de cinéma qu’il a publiée sur son site officiel durant 24 heures ( son avocat l’aura sans doute dissuadé d’en user davantage ), d’apprécier son imperturbable sourire lors du billet au vitriol qui lui était consacré dans 20h10 pétantes par Stephane Guillon, ou de revoir son formidable« quitté de plateau » chez Fogiel l’année dernière.

C’est vrai, quoi, c’est désagréable de se faire descendre par des pros. Mais qui sont donc ces scribouillards qui ne reconnaissent pas en lui le grand talent du 21ème siècle ? Qui sont ces hurluberlus qui n’ont comme lecture que « télérama » ?  Qui sont ces assoiffés de la plume qui oublient que Michael est bourré de talent, au point qu’il est régulièrement copié par les humoristes du monde entier qui reprennent en choeur ses plus célèbres sketches, comme par exemple Remy Gaillard, Jackass ou encore les Freaking Brothers comme je vous le prouve ci dessous…

 

Sérieusement, si on ne peut pas douter une seule seconde de son talent, force est de constater qu’il est insupportable à inviter sur un plateau. on ne pourra bientôt plus dire ce qu’on pense de ces artistes qui, pourtant, mettent régulièrement la liberté d’expression en avant pour justifier ce type de comportement. Les journalistes et animateurs qui les invitent pour faire leur pub et les aider à vendre leurs produits n’ont visiblement pas le droit d’avoir la liberté de dire ce qu’ils pensent de leurs invités. 

Il faudrait sans doute être hyper complaisant et caresser l’artiste dans le sens du poil, dire qu’il est formidable, que son oeuvre est la plus extraordinaire des temps modernes et ne surtout pas donner le moindre petit avis négatif au risque de se prendre en retour une leçon de déontologie.

A la limite, nous, animateurs et journaliste, n’allons même plus voir les films et n’écoutons plus les chansons, ne lisons plus les livres de nos invités, facilitons nous la tâche et demandons carrément à l’artiste de nous préparer les questions à l’avance, tant qu’on y est.

Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ! Du moment que le public achète…

Tant pis si c’est cul-cul, j’en ai marre de la souffrance animale !

Voici un texte que j’ai trouvé quelquepart sur le web. Et tant pis si on trouve la défense animale  »cul-cul la praline », mais moi, ça m’émeut, et c’est malheureusement une réalité dans certains établissements qui « vendent » des animaux de compagnie ou qui les « préparent » à la vente. Attention : certains établissements sont très respectueux des animaux, mais certains autres non, pas du tout. Et tant pis si vous me taxez de sentimentalisme, je vous le dis carrément : je m’en fous !

 » Je suis prisonnière de cette cage depuis aussi loin que je me souvienne… Pourtant il y a quelques heures, entre bonheur et désolation, j’ai donné naissance à mes huit petits entre la chaudière rouillée qui contient de l’eau gelée, souillée et les excréments que j’ai laissé quelques jours auparavant sur le grillage où mes nouveaux-nés sont tombés lorsque mon ventre les a, malgré lui, libérés de mon amour pour les plonger dans cette nuit, ce froid, cette solitude…
Ils sont déjà orphelins de père car j’ai vu son corps rigide et inanimé dans l’enclos de l’autre côté du couloir. Puis il y a eu un peu de chaleur dans la grange… Celle du feu que son corps sans vie a alimenté. Sa mort nous aura permis de rester en vie, hélas, quelques jours de plus…
Dans mes rêves, il y a des enfants qui jouent avec des chiens et une balle et qui rient quand un chiot roule maladroitement dans l’herbe. Je me demande si je saurais courir et bondir…
Je n’ai pas mangé depuis qu’il a fait nuit dans le couloir à plusieurs reprises. Le jour et la nuit, ce sont des mesures du temps que vous utilisez, vous les humains en qui j’ai déjà eu confiance… Les ténèbres sont toujours suivies de la petite ampoule suspendue au plafond, voilà ma mesure à moi pour le temps qui passe. C’est tout ce que je connais du temps, outre la douleur et la peur qui m’habitent. Si je pouvais m’en approcher de cette petite lueur, j’y réchaufferais mes petits… Je suis affaiblie, si fatiguée et ils ont froid.
Dans mes rêves, il y a des gens qui caressent leur animal… Je me demande comment c’est, une caresse…
Ils sont blottis contre moi, à tenter de téter quelque lait qui assurera leur survie. Mais compte tenu de mon état, je suis malade, affaiblie, amaigrie, j’en ai bien peu à leur offrir. Si seulement on m’apportait un peu d’eau fraîche, quelques grains de moulée, je pourrais être une bonne mère….
Ils ont ce joli pelage tout doux, tout soyeux que j’avais aussi à leur âge… Leur beauté me fait oublier ma décrépitude, ma peur, mon épuisement. Dans mes rêves, quelqu’un me donne un bain et je joue dans la mousse qui virevolte tout autour de nous…
J’ai entendu dire que de l’autre côté de la porte, il y a des oiseaux qui chantent… Ici, tout n’est que symphonie de douleur, de peur, de résignation, de misère… Je n’ai jamais entendu de musique autre que celle-ci… Dans mes rêves, j’entends votre voix réconfortante et bienveillante qui m’appelle alors que je cours vers vous…
Deux de mes tout petits n’arrivent pas à téter suffisamment et je les vois agoniser sans bruit, sans résister… Je les lèche affectueusement pour qu’ils sachent que je les aime, pour qu’ils connaissent la tendresse et l’affection avant de mourir. Je leur offre ce que je voudrais tant recevoir…
J’ai entendu parler d’un endroit qu’on appelle une maison… Il semble que mes petits pourraient y dormir sur un petit coussin, boire de l’eau fraîche, se cacher sous vos couvertures dans votre grand lit… Dans mes rêves, nous jouons et cabriolons sur le parquet tout propre et lustré…
Un autre de mes nouveau-nés a une patte coincée dans le grillage trop grand pour nous soutenir convenablement et je n’arrive pas à l’en extirper. Il pleure. C’est si difficile pour mon coeur de mère d’être là, impuissante, hurlant pour qu’on vienne à son secours. Seul l’écho de la nuit glaciale répond à ma supplication. Il s’affaiblit et je n’y peux rien…
J’ai entendu dire que de l’autre côté de la porte, il y a des saisons, des papillons, des fleurs… Dans mes rêves, j’arrive presque à ressentir l’odeur du printemps, de l’herbe fraîche…
Tandis que les autres se sont définitivement tus, deux d’entre eux sont plus forts et pour ces survivants, j’ai le choix… Les laisser vivre pour qu’ils aillent dans cette cage à peine plus grande que celle-ci dans une quelconque animalerie de quartier. Vous pourriez peut-être l’adopter…
J’ai entendu dire que des gens offrent des choses agréables et multicolores à leur chien qu’ils peuvent mâchouiller ou grignoter… Dans mes rêves, tandis que vous me portez dans vos bras, je m’agite doucement pour vous montrer celui que je préfère…
… Ou alors, je peux choisir, tandis que je tourne sans cesse dans mon petit espace insalubre et lugubre, de leur broyer la colonne pour les entendre hurler quelque temps avant que l’on vienne le détruire… Ainsi, ils vivraient éternellement et confortablement dans mes rêves…
Si vous étiez ici, maintenant, que choisiriez-vous pour votre enfant, dites-moi…
Il est trop tard, ils viennent et j’entends leurs pas. Non, par pitié, non, ne les emmenez pas! Ils sont trop jeunes et je n’ai pas eu le temps de leur apprendre tout ce qu’ils doivent… Ils sont malades et ils ont froid, ils ont besoin de moi… Non, non…
Trop tard, ils les ont pris. Si au moins l’un de ces inhumains, celui-là même qui m’a battue il y a quelques mois alors que je refusais le viol qui aura fait de moi une mère, leur avait au moins adressé un mot gentil, une caresse… Ils les placent brusquement dans une autre cage où déjà deux autres petits sont entassés. Les cages disparaissent derrière la porte. Il y a eu une grande lumière lorsqu’elle s’est ouverte… Est-ce donc cela la vie? Dehors? La lumière…
On m’a dit que, s’ils survivent au long trajet, ils seront emmenés dans une animalerie et qu’une fois toilettés et parfumés, ils seront mis dans une cage, une autre… Plus rien n’y paraîtra, personne ne saura qui est leur père dont la carcasse fumante achève de se consumer et de leur mère qui agonise…
Si vous les aimez vraiment, ne les adoptez pas parce que cela ne nous donnera pas davantage de nourriture, d’eau, de chaleur… Et si vous ne les achetez pas, alors peut-être ce vous appelez la mort viendra me délivrer… Sinon, je survivrai encore et cela, je ne peux plus le subir. Je me demande comment elle est cette dame, la mort… Tiens, je la vois juste là devant moi… Comme elle a l’air gentille et douce, bienveillante et confortable… Comme dans mes rêves…
Si vous étiez ici, maintenant, que choisiriez-vous, dites-moi… La délivrance ou la souffrance???
Je n’ai pas de nom, j’ai vécu quelques mois, à peine vingt-trois selon votre calcul mais je leur ai rapporté douze chiots vivants… Et voilà, tout s’arrête ici, maintenant, car je choisis d’aller vers la délivrance…
Prenez bien soin de mes petits… «