En regardant ce soir l’émission de Ruquier sur France2, je me pose bien des questions sur les métiers de l’audiovisuel.
Pour resituer, Mathilda May venue présenter son premier roman s’est vue « critiquée » par Eric Naulleau et Eric Zemmour davantage sur la forme que sur le fond de son roman. Une critique que je n’ai pas trouvée particulièrement ascerbe, tout juste un peu présomptueuse peut-être dans la mesure où Naulleau semblait vouloir apprendre à Mathilda May à écrire avec un style plus académique que celui qu’elle présente dans « personne ne le saura ». Zemmour quant à lui argumentait sur le fait qu’aujourd’hui n’importe qui veut se prévaloir de pouvoir écrire un livre, sans formation préalable et parfois sans talent.
A l’entendre, chacun doit se conformer au contenu de l’étiquette que l’on a dans le dos. Dieu sait si la France est un pays d’étiquettes et que dès lors qu’une personalité sort de son rôle habituel on l’affuble de bien des défauts.
L’attitude des deux critiques a fortement irrité Michael Youn , également invité de l’émission, qui a une fois de plus perdu son sens de l’humour légendaire…
C’est que Michael, les critiques, il n’aime pas ça. Ok pour venir sur un plateau de télévision pour faire la promotion d’un DVD ou d’un film, il faut bien vendre pour manger hein madame, mais qu’un « gratte papier » ose venir dire du mal de son oeuvre et le sourire s’efface irrémédiablement de son visage pour laisser place à un faciès beaucoup plus triste et sujet à moins de pignolade.
Il faut pour s’en convaincre relire la majestueuse lettre ouverte à tous les critiques de cinéma qu’il a publiée sur son site officiel durant 24 heures ( son avocat l’aura sans doute dissuadé d’en user davantage ), d’apprécier son imperturbable sourire lors du billet au vitriol qui lui était consacré dans 20h10 pétantes par Stephane Guillon, ou de revoir son formidable« quitté de plateau » chez Fogiel l’année dernière.
C’est vrai, quoi, c’est désagréable de se faire descendre par des pros. Mais qui sont donc ces scribouillards qui ne reconnaissent pas en lui le grand talent du 21ème siècle ? Qui sont ces hurluberlus qui n’ont comme lecture que « télérama » ? Qui sont ces assoiffés de la plume qui oublient que Michael est bourré de talent, au point qu’il est régulièrement copié par les humoristes du monde entier qui reprennent en choeur ses plus célèbres sketches, comme par exemple Remy Gaillard, Jackass ou encore les Freaking Brothers comme je vous le prouve ci dessous…
Sérieusement, si on ne peut pas douter une seule seconde de son talent, force est de constater qu’il est insupportable à inviter sur un plateau. on ne pourra bientôt plus dire ce qu’on pense de ces artistes qui, pourtant, mettent régulièrement la liberté d’expression en avant pour justifier ce type de comportement. Les journalistes et animateurs qui les invitent pour faire leur pub et les aider à vendre leurs produits n’ont visiblement pas le droit d’avoir la liberté de dire ce qu’ils pensent de leurs invités.
Il faudrait sans doute être hyper complaisant et caresser l’artiste dans le sens du poil, dire qu’il est formidable, que son oeuvre est la plus extraordinaire des temps modernes et ne surtout pas donner le moindre petit avis négatif au risque de se prendre en retour une leçon de déontologie.
A la limite, nous, animateurs et journaliste, n’allons même plus voir les films et n’écoutons plus les chansons, ne lisons plus les livres de nos invités, facilitons nous la tâche et demandons carrément à l’artiste de nous préparer les questions à l’avance, tant qu’on y est.
Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ! Du moment que le public achète…