
En écrivant ce billet, je risque ma vie. Quoique j’exagère, c’est un procès que je risque. C’est peut être le dernier billet que j’écris sur ce blog, sur la blogosphère toute entière, sur internet dans son ensemble, dans le monde tout entier même.
Jean Marc Morandini a réouvert son blog , qu’il avait fermé en mars dernier suite aux attaques dont il avait fait l’objet dans la presse ( en fait, un article de libé ) au sujet de son blog, attaques qu’il avait trouvé blessantes.
En soi, ca n’est pas le fait que Morandini réouvre son blog qui risque de m’envoyer au tribunal, c’est plutôt les réactions que sucite dans mon esprit ( et donc sur ce site ) un article publié sur ses pages, ou il demande à ses visiteurs quels améliorations il devrait apporter et ou il prévient :
“Tout dénigrement ou diffamation de ce blog - dans les articles postés ou dans les commentaires dont les propriétaires de blog sont responsables- feront désormais de façon systématique l’objet de procédures judiciaires. De même ceux qui posteront ici même des messages insultants ou diffamants seront retrouvés grâce à leur adresse IP et seront poursuivis. Ce blog a pour objet de vous informer gratuitement sur la télé et non pas de perdre du temps dans une guerre stérile et enfantine avec quelques bloggeurs.”
Diantre ! Moi qui croyais naïvement que la blogosphère permettait justement de laisser libre cours à son esprit critique, moi qui pensais qu’internet constituait un véritable espace de libre expression et de débat, moi qui espérais secrètement que dans le pays des droits de l’homme on pouvait encore écrire sans être inquiété pour ses opinions… Ben non.
Pas en tout cas depuis que d’autres blogs concurrents au sien se sont fait l’écho ( parfois aggressif, il est vrai ) de la réouverture du blog de notre bon Jean Marc, devenu depuis son retour à la radio une sorte de Chevalier Bayard sans peur et sans reproches, tacklant à la première occasion les personalités médiatiques du tout Paris, écrivant dans plusieurs bouquins ce qu’il pense du salaire de ses confrères qu’il décortique ( alors qu’il refuse d’évoquer son patrimoine ou ses revenus lorsqu’un journaliste le lui demande ) , égratinant à la première occasion ses collègues dans une émission radio où il voudrait nous faire croire que lorsque il interviewe ses invités il joue “l’avocat du diable” alors qu’on a le sentiment qu’il en est en réalité quelquefois l’associé. ( là, je suis bon pour le procès )
Qu’on ne se méprenne pas : j’adore écouter l’émission de Morandini, je trouve ses interviews piquantes à souhait, j’irai même jusqu’à reconnaître qu’il a beaucoup de talent et je trouve très réussi qu’il soit parvenu, grâce à ce programme, à effacer quelquepeu l’image qui était la sienne à l’époque du déversoir canivesque qu’était son émission de télévision “tout est possible”. Mais de là à menacer tout qui se permet de faire finalement ce qu’il fait lui même avec ses pairs, c’est la goutte d’eau qui fait remonter le caniveau à la hauteur du vase.
Car ou se situe finalement la limite qui veut qu’une “critique” devient un dénigrement ou une diffamation, si ce n’est celle que l’on se fixe soi-même?
Jean-Marc, si tu lis ces lignes, ne sois pas trop dur quand tu appeleras ton avocat et souviens toi que tout ca, finalement, ca n’est que de la télé ( ou de la radio ).